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Je n’avais encore jamais écrit à ce propos mais j’ai eu la chance de participer aux 8èmes Jeux de la Francophonie, une compétition culturelle et sportive organisée par l’Organisation Internationale de la Francophonie au mois de juillet 2017. J’ai donc décidé d’écrire une petite série d’articles afin de vous relater mon expérience à Abidjan et de vous partager un bref aperçu de ce voyage.

Avant toute chose, les Jeux de la Francophonie, c’est quoi ? Pensez Jeux Olympiques, réservez-en l’accès aux 84 pays membres de l’OIF et faites-y participer des jeunes francophones de 18 à 35 ans, et vous obtiendrez une dizaine de jours ponctuées de rencontres sportives et culturelles. Culturelles, parce que si le football, la lutte ou le basketball sont à l’honneur, les Jeux de la Francophonie promeuvent aussi des compétitions artistiques avec la littérature, la peinture ou encore la sculpture. On peut tout à fait arquer un sourcil de surprise à l’idée de mettre en compétition des jeunes créateurs mais l’idée est davantage une invitation à créer, à partager et à innover ensemble !

Photo de Guillaume Parodi
Le stade Félix-Houphouët-Boigny pendant la cérémonie d’ouverture des 8èmes Jeux de la Francophonie

La bonne idée de ces Jeux, donc, c’est d’inviter des jeunes et des moins jeunes de plusieurs pays différents à se rencontrer et à partager un certain esprit de fraternité. J’ai eu l’honneur d’être choisi par le Ministère de la Culture du gouvernement français pour concourir aux côtés d’une vingtaine d’écrivains aux nationalités diverses et variées : on retrouvait parmi les présents des auteurs du Canada, du Mali, d’Arménie, du Tchad, de Madagascar ou encore du Luxembourg. Nous avions pour l’occasion tous écrit une nouvelle, exposée à la Bibliothèque nationale de Côte d’Ivoire et lue devant un public plus ou moins nombreux dans l’enceinte de cette même bibliothèque. C’était pour moi une double première expérience, avec la première fois que j’exposais un texte et la première fois que je lisais l’un de mes textes en public. Je me dois de rendre à César ce qui est à César et c’est grâce aux conseils de Lionel Davoust que l’on peut trouver sur son blog que j’ai pu me préparer à lire mon texte. Merci Lionel !

Ces Jeux m’ont apporté énormément de choses. Des rencontres, bien sûr, et des liens d’amitiés qui ont dépassé les frontières physiques de nos pays pour s’incarner en différentes collaborations littéraires. Je pense à Mossieur Njô qui a écrit une superbe nouvelle pour Europunk, un recueil de nouvelles à voir le jour chez Realities Inc, ainsi qu’à la participation d’Aziza Kajangu et de Gabriel Robichaud lors du plus récent Festival des cinq continents, une manifestation littéraire que j’ai organisé à New York. Cela fait moins d’un an que les Jeux sont terminés et il ne fait à mon avis aucun doute que les expériences se multiplieront dans le futur !

Ces Jeux m’ont aussi offert la possibilité de découvrir ce qu’est la Francophonie et de réfléchir à ce qu’être francophone représente pour moi. Le terme est peu enseigné en France et désigne généralement, et de manière parfois péjorative, tous les locuteurs de langue française non métropolitains.  Mais qu’est-ce que ça veut donc dire d’être un francophone ? Je ne vais pas rentrer tout de suite dans les détails et je consacrerai un article plus détaillé aux termes de francophonie et de francité, théorisé par Léopold Sédar Senghor, mais pour moi être francophone c’est avant toute chose un apprentissage. Je ne connaissais peu ou prou rien du tout de la francophonie ni de l’Organisation Internationale de la Francophonie avant de me rendre à Abidjan. Ce voyage a été un moyen pour moi d’apprendre l’existence de la langue française comme une lingua franca, comme un outil de communication, comme un outil de savoir-vivre et comme un outil d’expression artistique. Ça a aussi été un moyen de comprendre l’histoire de la langue en dehors des frontières de la France, d’écouter et d’entendre ses particularités linguistiques et de réaliser toute l’étendue de l’histoire de la France.

Je n'ai pas le nom de l'auteur, merci de me l'indiquer si vous l'avez !
Photographie d’un tableau exposé à la Bibliothèque nationale de Côte d’Ivoire. Je n’ai pas le nom de l’auteur, merci de me l’indiquer si vous l’avez !

Cela sonne probablement comme une liste d’évidences mais ce n’est qu’en effectuant ce voyage en Côte d’Ivoire que j’ai réalisé tout le potentiel que contient la phrase suivante : « Je suis francophone ». Il ne s’agit pas d’effacer la mémoire ni de passer sous silence l’histoire coloniale mais de regarder vers le futur et de travailler avec cette formidable boîte à outils qu’est la langue française. Que faire de cette langue et quel destin lui donner ? Quelle volonté culturelle pour la Francophonie, pourquoi ne pas envisager des visas d’artistes francophones ? Les possibilités sont multiples et il me paraît essentiel de considérer cette langue comme une plateforme d’échanges. Mon idée pour le français est l’une des dernières émanations de cette formidable boîte à outils qu’est notre langue. Qu’il s’agisse de la défense des droits de l’homme, de la création littéraire, du journalisme, de la défense des droits des femmes, de la liberté d’expression, les possibilités pour agir de manière locale et internationale sont multiples. Et vous, s’il vous était donné la possibilité d’être francophone « à temps plein », que feriez-vous de cette langue parlée par plus de 250 millions de locuteurs dans le monde ?

 

 

 

One Comment for "Les Jeux de la Francophonie : Présentation"

  • Levis Togo

    J’ai bien aimé cet expérience partagée. Et cela m’a permis de découvrir à quel point c’était une rencontre prometteuse et culturellement réfléchie. Cet outil merveilleux qui est la langue française ! Cela ne met en aucun cas un frein à nos rêves… Merci beaucoup  »Frère » pour cet article. À très bientôt !

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